vendredi 11 septembre 2009

Faunerie


Petite histoire des égypans, faunes, satyres et autres chèvre-pieds…

Un égypan : kézako ? C’est une créature mi-homme, mi-animal, la plupart du temps dotée de pieds et d’oreilles de chèvre. La racine grecque aegy- désigne la chèvre, celle dont la peau recouvre « l’égide » (bouclier divin). On peut considérer le dieu Pan comme un égypan, mais aussi les satyres et les chèvre-pieds, bien que les premiers, comme vos yeux ébahis vont le voir, soient en réalité mi-hommes, mi-chevaux. Le Capricorne est un égypan : dans la mythologie mésopotamienne, il s’agit d’une créature mi-chèvre, mi-poisson ; dans la mythologie grecque, il s’agit de la chèvre Amalthée, une nymphe qui nourrit l’enfant Zeus de son lait divin. D’emblée, il faut admettre que l’élément caprin, fondamental pour l’ensemble des égypans, n’est pas absolu. Et puis, tous les capridés ne sont pas forcément des égypans, et d’ailleurs, que penser de la chimère, une créature ignivome mi-chèvre, mi-lion, mi-dragon? On met peu en avant aujourd’hui la trombine de chèvre de cette bébête, pourtant, étymologiquement, la «khimaira » est une chèvre. Cet animal est quand même plus important pour les peuples des montagnes de Grèce ou d’Asie mineure, qui ont les premiers fricoté avec ces étranges créatures.

Que dire du satyre alors, que l’on voit tant aujourd’hui déguisé en bouquetin ? La première référence aux satyres est faite dans un poème grec du VIe siècle av. J.-C., le Catalogue des femmes, où cinq filles nées d’une certaine Phoroneus engendrent les Courètes (démons ou guerriers phrygiens proches de la Mère des dieux), les Nymphes des montagnes (les Oréades, de grandes chasseuses un peu prudes) et les Satyres, qualifiés seulement de «bons à rien ». La première image est du VIe siècle aussi, notamment sur le célèbre Vase François, cratère grec trouvé en terre étrusque (donc en Italie, notez déjà l’expansion de ce petit monde autour de la Mer intérieure) : trois hommes aux oreilles, guiboles et queues de chevaux sont appelés silènes. Sur une autre céramique, on rencontre un dénommé «Satyros» avec une queue de cheval au-dessus du fessier. Les satyres sont donc plus proches du cheval que de la biquette. En même temps, ils tournicotent de plus en plus autour de Dionysos. A l’époque classique grecque, ils ont une apparence de plus en plus humaine, et des drames satyriques mettent en scène ces personnages plutôt comiques, burlesques. Dans le Cyclope d’Euripide et les Limiers de Sophocle, le chœur des satyres est dirigé par Silène, qui est considéré comme leur père. Ce rondouillard est lui-même un satyre, incarnation de l’ivresse et grand compagnon de Dionysos, né comme lui à Nysa, et son père adoptif en quelque sorte. On le dit tantôt fils d’Hermès, tantôt fils de Pan, ce qui ne change pas grand-chose puisque Pan est également fils d’Hermès.

Mais voilà, dès l’Antiquité, les satyres ont été de plus en plus rapprochés des faunes italiotes. Là, le dieu caprin Pan trouve un proche auquel être assimilé : Faunus. Celui-ci est un dieu romain des troupeaux, père des faunes. Dieux joyeux et rustiques, plutôt attirés par les espaces agricoles que par la forêt sauvage, on les entend parfois murmurer dans les bosquets sacrés. Demi-dieux, non immortels, ils se sont vu dédier le pin et l’olivier sauvage. Leur père, Faunus, troisième roi mythique de l’Italie, descendant plus ou moins direct de Saturne (le dieu de l’âge d’or), est appelé Lupercus et vénéré aux Lupercales (actuelle Saint-Valentin) en tant que protecteur des troupeaux contre les loups et dieu de la fécondité ; Incubis, comme dieu des cauchemars ; et Fatuus en tant que prophète.

Les faunes des campagnes ne doivent pas être confondus avec leurs cousins les sylvains, créatures des forêts profondes et des vergers en fleurs. Leur père Sylvanus est un génie des forêts. Lui-même descend probablement de Faunus, ce qui explique l’étroite relation entre sylvains et faunes, que l’on oppose d’autant moins qu’il s’agit toujours de créatures mi-hommes, mi-boucs. Les chrétiens appelleront tout ce monde-là les « incubes », dérivé de l’Incubis des cauchemars. On les accuse alors de violenter les jeunes femmes pour qu’elles engendrent des démons (ce qu’ils sont, même si le christianisme donne à ce mot un sens péjoratif).

Aujourd’hui, alors que faunes, sylvains et satyres se sont mélangés, survivant tant bien que mal, on connaît dans différents pays d’Europe des « chèvre-pieds » qui hantent les campagnes, bénissant les récoltes ou les troupeaux des paysans et portant des noms et des attitudes aussi diverses que les régions où ils habitent. Citons le « Chèvre Blanche » français, l’Urisk écossais, le Kornböcke allemand, le Lysgulbar suédois, le Pilwiz bavarois, le Julbuck scandinave, le Blanc Moussî de Belgique, le Catez yougoslave ou le Pavaro d’Italie. Une preuve que les « fils d’Hermès » sont encore une population fantastique qui mérite beaucoup d’intérêt pour le « magizoologue ».

jeudi 10 septembre 2009

Coup d'oeil sur les news...

Des fois, je ne peux m'empêcher de rejouer les rédacteurs en chef. Voire les détracteurs en chef, mais pour ça, je suis plutôt mou du fessier en ce moment. Quoique...

Aujourd'hui, me suis levé pour rien. 'Fin, pas complètement, j'ai du taf, le chaudron déborde même, mais à la base, me suis levé pour traverser Paris, m'inscrire, et donc me casser le pétard devant un péteux qui m'annonce que les inscriptions sont bloquées pour l'Agrég. et qu'on ne sait pas pourquoi... Vais vous dire : parce qu'on ne sait pas sur quel pied danser, que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, ou plutôt de la Recherche d'un enseignement supérieur, comprenez plus rentable sur le marché économique de la connaissance quantifiée, ce ministère là, dans sa tourmente budgétaire et européenne ne sait pas comment bluffer son monde.

Bref... me suis réveillé pour me prendre un suppositoire. Pas plus pour le beau temps, vu que le dieu des météorologues a chopé H1N1 dans un nuage.

Juste debout pour m'accrocher à mon café et à mon ordi, en méditant sur ce monde pandémique et son histoire en beurre-salami.

Aux news, ce matin : des inondations à Constantinople, de la paix entre les religions, de l'uranium en Perse, l'Apocalypse au pays des Aztèques, du pitoyable à la rose dans la politique franque, et le coming out du porno.

Juste un catch de quelques infos dans tout le blabla international et national, mais de quoi mettre du sel dans le qahvè.

Alors que les religions du monde méditaient sur la guerre et la paix, entendant qu'aucune religion ne devrait servir d'excuse à la guerre et au crime - la belle affaire - , un pasteur mexicain s'est pris la lumière divine de plein fouet, a détourné un avion pour lui faire faire sept fois le tour d'un aéroport dans le but de conjurer le sort qui s'abattrait sur le Mexique sous forme de tremblement de terre. Remarquez, hier était le jour de l'Apocalypse : 9/09/09, 666 quand vous êtes saoûl et que vous lisez la date à l'envers.
Pendant ce temps-là, c'est la Turquie qui prenait la sauce. Il aurait dû faire le tour de l'aéroport Atatürk avec son planeur le pasteur, au pire il aurait été foudroyé, au mieux les rabbins l'auraient embauché pour circonsurvoler Israël. 31 morts stambouliotes, quand même... ça me fait un petit pincement au coeur, alors que les magouilles et contre-magouilles de la guerre des roses, au PS, me font juste l'effet d'une cours de récrée. C'est la rentrée, c'est normal. Si encore ils se distribuaient des fions à coup de gourdin, ce serait marrant. Ca aurait la classe d'une conjuration de Catilina et la Turquie pourrait payer son droit d'entrée dans l'Europe en nous refilant de la flotte pour éponger le sang - à défaut d'éponger la dette...
Remarque, c'est bien d'économiser l'eau, pour le jour où Barack retirera sa main et que l'uranium iranien se sera enrichi. Parce que si les Amerlock se pressent le citron à réformer leur système de santé et si notre gouvernement pompe sur le carbone, l'uranium, lui, fait fortune. On aura sans doute besoin de réunir à nouveau toutes les religions pour garantir la paix, version "contre-croisade", de tous les rabbins et pasteurs volants gonflés à l'énergie divine et de toute la flotte du réchauffement climatique quand les cinglés de Téhéran pourront s'éclater.

Et de la positive attitude. Raff', reviens! non j'déconne...

Y a au moins une bonne nouvelle : le porno est officiellement bien vu des Franchouillards, qui le disent plus. Le must étant de le mater en couple. Et Arielle Dombasle à Canal va nous en réaliser quelques uns, parce que, rendez-compte, le marché féminin reste à satisfaire, maintenant qu'il est conquis. Moi j'dis, voilà la solution à tous nos problèmes! J'propose qu'on fasse un porno sur l'actualité : une bonne part d'érotisme devrait rapprocher Royal et Aubry, un peu de fesse permettrait à Ahmadinedjad de s'éclater sans pécho l'uranium, des bisous mouillés réchaufferaient les Turcs un peu refroidis, une 'tite pipe pour les pasteurs dans les chiottes des avions résoudrait leur besoin de s'envoyer en l'air, et un peu d'amour réunirait les religions sur le problème crucial de la paix.

Mais ce n'est qu'un avis personnel. Le monde est en perpétuelle métamorphose, lui faut de l'Aphrodite.

mercredi 9 septembre 2009

Métaphormose

Ou la métaphore en métamorphose… parole de métamorphe !

La méta… Sans doute une discipline des plus complexes à aborder dans tout le panel de sciences-arts plus ou moins occultes qui s’engrangent dans la boîte de Pandore qu’on appelle la magie. Et pourtant, la métamorphose est une chose merveilleuse quand on la brosse dans le sens du poil. Il faut savoir la prendre, c’est comme tout, ça ne s’aborde avec le dos de la cuillère et surtout pas en lui balançant le menhir à la figure…

J’m’explique.

Soit la métamorphose est un pur procédé imaginaire planté dans les cellules grisâtres d’auteurs qui depuis des millénaires s’échineraient gratuitement à nous montrer des dieux prenant des formes variées au gré de leurs caprices, des druides ou des chamans qui se moulent dans des apparences trompeuses ou des apprentis sorciers qui apprennent à changer un scarabée en bouton ou à faire disparaître des objets… On peut alors multiplier les théories explicatives au fil des pensées fantaisistes, là en faisant valoir la toute-puissance du surnaturel par rapport à la forme, ici en développant l’explication par le néant et un va-et-vient entre « être » et « non-être »…

Soit la métamorphose existe et est une chose si complexe qu’on ne peut l’apprendre ou la maîtriser sans danger. L’homme peut changer de forme, mais lorsqu’il le fait consciemment envers et contre les règles élémentaires de la nature, il prend le risque de se détruire, voire de détruire celle dont il outrepasse la tangible réalité. Ceux-là risquent bien de s’y perdre, en effet.

Ceux qui s’arrêtent à la première vision des choses sont sans aucun doute plus nombreux que les suivants, eux qui pourraient croire en la métamorphose telle qu’elle est décrite dans les mythes ou les récits imaginés. Ces derniers – je n’en connais aucun de vivant, donc j’attaque sans crainte – sont des ramollis de la mandragore, des fioles vides, des… bref, désespérants, mais on peut les sauver !

Les autres, ceux qui ont la sagesse cartésienne et même tout simplement la raison raisonnante et bien pensante des Grecs et de Thomas l’apôtre, savent que rien de tout cela n’existe dans le monde réel, et qu’il faut au contraire voir dans les récits de métamorphose des allégories, des restes de pensée « primitive » que la raison raisonnante susmentionnée a su reléguée à l’étagère décorative de la littérature et du mythe. Bien, bien, on est dans le droit chemin, celui de la lucidité. Mais c’est dommage de s’arrêter là.

La métamorphose, dans tous les cas, même lorsqu’on verse dans la science-fiction (ah ! les Animorphes et leurs centaures extra-terrestres au pelage bleu, au torse musclé et à la queue… tranchante) relève des mêmes principes que la magie, et sans doute en est-elle, comme l’a senti J. K. Rowling mais aussi, bien avant elle, Apulée dans ses Métamorphoses d’âne d’or. Et si ce-dernier définissait la magie comme « la science de la piété des dieux », on a beaucoup de mal aujourd’hui à définir vraiment ce qu’est la magie. Une énergie ? Non, cela n’est compris comme tel que dans quelques ouvrages de fantasy. Une pratique ? Un ensemble de pratiques ? Oui, assurément.

Religieuses, les pratiques ? Un peu, vu la tronche qu’ont les invocateurs de divinités et les sacrificateurs d’hosties (lisez Boucher, qui ne s’en sort pas de ce paradoxe : la magie n’est pas une religion, mais elle y puise toute l’eau de sa potion !). Un discours religieux sous-tend la magie, et c’est un discours religieux qui, à l’origine, utilise la métamorphose pour donner des apparences aux dieux et traduire des croyances en la métempsychose chez les uns (les druides) ou la nature du Christ chez les autres (doctrine de la Transfiguration). Mais la magie n’est pas une religion. D’ailleurs, la « piété des dieux » d’Apulée n’en est pas une non plus, et le concept de religion est lui-même une construction un peu bancale (or, n’est-il pas fou l’homme qui construit sa maison sur le sable ? J’taquine…).

La magie est-elle une philosophie ? Certes, les multiples pentacles pythagoriciens qui fleurissent sur les autels wiccans gardent une trace de la passation de connaissances et de concepts philosophiques entre les « religions » antiques et la magie actuelle, passation que de nombreuses générations d’érudits qu’on a dit « philosophes », pétris de néo-platonisme, ont favorisée en intégrant la magie au cœur de la « philosophie ». Mais là encore, ce terme ne saurait définir à lui-seul la magie. Elle est philosophie et religion, mais en même temps elle annule ces catégories de la culture intellectuelle.

De même qu’elle absorbe et annule les sciences et les arts : grand Art par-ci, Sciences occultes par-là ; la magie puise, et doit puiser – ce qu’elle ne fait pas assez, loin de là – aux données de la science, qui doivent équilibrer celles de la théologie et de la métaphysique, et aux formes d’expression de l’art, art manuel de l’artisan qui fabrique ses propres outils, ou art des Muses, qui donne une voix au mage ou au sorcier. La magie est théologie, science, philosophie et art.

La métamorphose est, de la même manière, un discours (théologique ?), un fait scientifique (et la biologie du développement ? Les roches métamorphiques, les métamorphoses zoologiques… ? C’est du boudin ?), un outil philosophique (pratique de la métaphore, de l’allégorie, oh ! allégorie, principe à la source de toute pensée magique ! – sans parler de Platon et de sa théorie des Idées), et une technique artistique (de la danse au théâtre, en passant par les textes littéraires auxquels l’esprit commun tend à limiter toute évocation de la métamorphose qu’il ne fait que survoler d’un cil). Et toutes ces choses possèdent des liens entre elles. D’où vient le théâtre, avec ses jeux de masques et ses costumes, sinon d’un discours religieux autour d’un dieu dont les multiples métamorphoses ont fait la fortune, Dionysos ? Et ce Dionysos n’incarne-t-il pas, de manière allégorique, dans ce monde des Idées que Platon place en parallèle de l’univers des images, des apparences, n’incarne-t-il pas, dis-je, les métamorphoses animales et végétales auxquelles l’homme, « primitif » - pardon « premier » - puis scientifique, est sans cesse confronté, jusqu’en lui-même ? La métamorphose est une chose qui se découvre, s’étudie, s’applique dans une magie à part entière. Que l’on vogue entre les furry et les chrysalides, on la croise et la recroise, on la pratique même sans le savoir, mais surtout, on peut y trouver un moyen de vivre, ne pas la subir comme une Circée ou comme la malédiction du lycanthrope, mais la dompter, comme Ulysse, comme Protée… comme une flamme changeante.

lundi 24 août 2009

L'Epiphanie à la Croisée des Chemins

Message reçu - en français, VIP oblige ;) -
de la part de Steve Sic, du groupe OMNIA ;
pour ceux qui connaissent, et aussi pour
ceux qui connaissent pas (et qui devraient
avoir honte - what a shame!!!) :

















"L’Epiphanie à la Croisée des Chemins.

Le blog incompréhensible de Steve n° 16.

Alors que je me trouvais sur la grande scène du Castlefest
et que j’étais en train de jouer « Dance until we Die »,
j’ai eu une épiphanie (c'est-à-dire, une manifestation
soudaine de l'essence ou de la signification de quelque chose) :
j'ai réalisé qu'une énergie très spéciale était présente.
Une énergie faite des sentiments que le groupe partage
dans des moments tels que celui-ci : alors que la musique
montait en puissance et que le mannequin en osier brûlait,
avec vous tous en train de vous exclamer, de crier, de chanter,
et de vous fondre dans l'onde puissante de la Vie ! Ces moments
sont en réalité la principale raison du fait que je veux faire
partie d'OMNIA, et pourquoi OMNIA fait également partie de moi.
Je sens que c'est cette même raison qui nous inspire, avec
le besoin et la force nécessaire de nous pousser à continuer
d'écrire et de jouer la musique que nous avons composé, avec
le message que nous voulons répandre :

« Aimez la Vie, Respectez la Nature, Vivez avec Honneur
et Soyez Libre. »

Tous ensemble , nous avons marché sur une route qui nous
a mené à l’endroit où nous nous tenons aujourd’hui…
A ce jour si particulier dont je parle (The Castlefest
Pagan Night, 1er août 2009) et où je me trouvais à
une croisée des chemins. Vous ne l’avez peut-être pas
remarqué en me regardant, peut-être que cela a juste donné
l’impression que j’étais simplement sur scène comme à
l’accoutumée, mais j’étais bel et bien à une croisée des
chemins. Et dans mon esprit, il y avait trois routes qui
y menaient.

Le premier chemin était celui que j’ai emprunté pour
arriver jusqu’ici, une longue et sinueuse route traversant
des forêts et des festivals, de la Musique et de l’Art,
des Larmes et des Rires, mais croisant surtout la route
de milliers de personnes qui nous ont donné tellement
d’amour et de respect, tellement de confiance et d’espoir,
tellement d’inspiration et de force positive et vivifiante.
Une route que j’aime profondément…

Le second chemin était un sentier qui a été soigneusement
disposé et pavé sur grossièrement 8 longs mois, un chemin
qui était supposé nous mener tout droit au pied des plus
hauts sommets de la célébrité internationale, des studios TV,
de millions de téléspectateurs et d'auditeurs, des émissions
à la radio, des marchés d'enregistrement, etc... Quelque chose
que n'importe quel groupe de musique tuerait pour avoir,
vous savez, une sorte « d'autoroute » vers le succès.

Le troisième chemin était une route assez similaire à celle
d’où je viens : le doux chemin serpentant à l’infini… Seulement
nous et vous, et la musique, et le sentiment qui nous unit.
Une route traversant une forêt pleine de plaisirs inconnus
et de dangers, dans laquelle aucun chemin n’est droit et clair,
mais où les fleurs poussent librement et les oiseaux chantent,
et où la folie des médias de masse ne pénètre pas juste par volonté.

A cette croisée des chemins, il m’apparût très clair que nous
étions en train de « vivre un mensonge » si nous pensions que
nous pouvions répandre notre message musical au travers
des machinations des médias de masse, et en même temps pouvoir
préserver ce message dans son état d’origine. Je croyais
sincèrement que nous avions trouvé un moyen pour que notre
musique puisse être écoutée par des millions de gens,
et qu’ainsi nous pouvions accélérer le processus de conscience
chez tous les hommes-singes. Je pensais que nous pouvions
changer le business de la musique sans que cela ne nous change
nous.

J’avais tort.

Ce n’était pas possible. Nous étions tout doucement obligés
de nous changer nous-mêmes afin d’être insérés dans une sorte
de trou, mais les chevilles rondes ne passent pas dans
des trous carrés, ça ne fonctionne pas.
Notre rêve d’OMNIA était sérieusement en danger à cause
des tensions et des contraintes créées par les machinations
brutales du monde du business. Quelque temps après,
et nous avions à nouveau de sérieux doutes à savoir
si nous devions continuer en laissant d’autres personnes
prendre notre précieux « OMNIA » vivant et essayer
de l’exploiter sur le marché libre. Encore un peu plus tard
et à nouveau, nous doutions. Mais nous avons essayés d’aller
de l’avant, par amour pour la musique, pour nos familles qui
ont besoin d’être nourries, par égard envers nos promesses
que nous nous sentions obligés de tenir avec nos managers.
Nous avons continué d’espérer que cela fonctionnerait… au fond…
que nous aurions joué plus de concerts, et qu’au final certaines
de nos chansons passeraient à la radio (ce dont chaque
compositeur/interprète rêve ardemment).
Mais la sensation de doute ne s’en est pas allé, quelque chose
n’allait pas… Nous souhaitions toujours que les médias permettent
d’amener nos chansons en tête des téléchargements de personnes
comme VOUS ; des personnes qui ne nous connaissent pas encore,
mais qui seraient heureux d’entendre ce que nous avons à dire
et à chanter. Mais nous savions dans nos cœurs que le chemin
rapide et grossier, disposé et mis en place par nos managers
bien pensants, allait tuer notre musique et notre foi
si nous continuions sur cette voie.

Tout de suite après le Castlefest, nos managers nous avaient
arrangés une interview à la télévision dans un programme
très influent (1,5 millions de téléspectateurs).
Tout était prêt, mais je devais faire quelques concessions
et obéir à la « façon de travailler des médias » si je voulais
que cela se produise. Et bien, je n’ai jamais et ne ferai jamais
de concessions en ce qui concerne OMNIA. Omnia est ma vie,
ce n’est pas un projet, je suis une vraie personne.
Notre musique est à 100% faite d’émotions personnelles,
nos chansons ne sont pas des reprises, elles viennent
directement du cœur. Quand nous vivons et travaillons,
nous le faisons comme la seule et unique expression
de nos vies. C'est pour ça que nous sommes nés.
Les lapins font des lapins, Omnia fait du Omnia
(et parfois des lapins mais je m'égare.)

Pour résumer la situation, j’ai dit :
« Non, je ne le ferai pas… » parce que je préfères
mille fois retourner jouer dans la rue avec un chapeau
sur le trottoir pour les pièces de monnaie,
plutôt que de perdre ma dignité. J’ai été forcé par
les conventions à « ne pas être moi-même » mais je peux
simplement être qui je suis. Et les choses sont devenues
claires. Après de longues et très houleuses discussions,
nos managers (Theo et Yigal), Jenny et moi, sommes arrivés
à la conclusion mutuelle qu'ils seraient mieux avec un groupe
qui puisse suivre les règles du commerce, et que nous serions
mieux avec un manager qui serait aussi étrange que nous
le sommes et qui nous comprendrait ainsi que nos Fans.

Ce que nous avons ensemble est trop précieux pour risquer
de le détruire. Je suis heureux que la plupart d’entre vous
ont comprit que nous ne laisserions JAMAIS quelque chose de
grave arriver au rêve auquel nous tenons tant, et que je pense
chaque mot que je dis sur scène et en dehors.
Nous avons vraiment prit du plaisir en essayant de faire une
version pour la radio qui sonnait pop de la chanson « Alive ! »,
parce que c’est sympa d’essayer différents styles. Et c’était
génial de travailler avec un batteur professionnel de studio.
Ça ne veut pas dire que nous allons devenir un groupe avec
un genre musical dominant… nom d’un chien ;-)
Ce que je veux dire, c’est que nous jouons « Dance until we Die »
mais ça ne veut pas dire que nous sommes un groupe de Rap
maintenant. Nous sommes Omnia, et c'est tout ce que
nous voudrons jamais être...

Alors « Au revoir » au monde de la célébrité et de la censure,
et « Bonjour » à la Liberté ! Ensemble, avec notre super groupe
et notre équipe, tous nos supers et si gentils amis, et VOUS
nos fidèles fans, nous allons rester fidèles au rêve d’OMNIA
et répandre notre message tout comme le Chêne pousse :
doucement, mais avec beauté, et soutenu par de fortes
et profondes racines.
Peut-être avec des écureuils dessus ! :o)

Rendez-vous au prochain concert, un jour, quelque part
(ou peut-être au coin d’une rue).
Greenthingz et Restez Libre !
Steve Sic Evans van der Harten.

P.S: Et si quelqu’un doute encore de mes paroles, ma religion
ou de mes intentions, qu’il aille se faire voir à Tir nan Og, OK? :-P

ps: la nouvelle RavenTimes arrive bientot ;-) "

mercredi 5 août 2009

Face au profil

Voilà, l'avancée n'est pas bien spectaculaire, néanmoins il y a du progrès!

Le p'tit truc gênant c'était ce côté journal païen, qui avait de journalier ce que la guerre a de pacifique, aussi ai-je supprimé l'édito - que j'aimais bien, pourtant, snif - et j'ai changé la description du blog.

Nan mais sérieux, je suis si peu actif dans la communauté païenne en ce moment que ça devient ridicule. Oh! je n'ai pas retourné ma veste, elle va très bien ma veste, merci, mais c'est juste épuisant. Voilà, épuisant. Dommage, lorsqu'on recherche un deuxième chez soi. Certes, j'appartiens à cette... "communauté"... mais y être actif se rapporte à du bénévolat dans l'administration fiscale. Faut être bien armé et juste assez cinglé.

Mais j'les aime mes païens, que voulez-vous? *petite larme à l'oeil* Faut les comprendre, sont jeunes - même au-delà de quarante ans.

Donc, pas de journal païen. C'est pas le bon profil. J'm'en va réfléchir à la question. Je suis tenté de virer le blog sur un autre hébergeur, malgré la passion que j'ai pour Blogger (si j'dis ça c'est au cas où il nous regarde... chut!), et pouvoir classer tout le baratin que j'sortirai dans des catégories. Ca pète ça les catégories.

En attendant, c'est toujours pelles et pioches...

lundi 13 juillet 2009

Travaux

Le blog, non, l'ensemble de la rédaction, ses bureaux, son cerveau, ses entrailles, sont officiellement en travaux de restructuration.

L'entreprise Levin-Lété, en charge des travaux, s'est déjà attelé au déminage de certaines parties, poursuit sur quelques ravalements de façade - côté intérieur - et fait sauter deux ou trois cloisons pour introduire plus d'espace dans le capharnaum psychomoteur de la rédaction. Quelques papiers risquent de voler ici ou là, aussi, gardez votre sang froid, la situation est sous contrôle.

Toutefois, s'il vous arrive de vous aventurer par là au cours de ce chantier qui, comme tous les chantiers, risque de durer plus longtemps que le cahier des charges ne l'a prévu, prenez garde aux décharges de magie brute ou aux explosions émotionnelles de quelques fuites de liquide intellonitrique. On n'est jamais trop prudent!

Des casques et des lunettes de protection sont vivement recommandés.
L'assurance ne couvrira aucun dommage et vous venez sur ce blog avec votre entière responsabilité.

Merci de votre compréhension.

jeudi 18 juin 2009

Thrène


Σῶμα μὲν πάντων ἔπεται θανάτωι περισθενεῖ,
ζωὸν δ'ἔτι λείπεται αἰῶνος εἴδωλον · τὸ γάρ
ἐστι μόνον
ἐκ θεῶν·


“le corps de tous accompagne la mort très puissante, mais, vivante encore, reste une image de notre vie ; car elle seule est des Dieux…”

PINDARE, fr. 131b (trad. J.-P. Savignac)
(Police, Funnyloves)

lundi 8 juin 2009

Home, sweet home...

La rédaction du Grimoire, toute à l'attention de ses phrygiennes relations pieuses, s'est offert un temps de répit en changement d'angle de vue, dans une vie de païen, d'homme, en quête de sens, en quête de soi.

J'ai regardé Home. Me suis dis, bon, ok, là, j'arrive pas à écrire, j'arrive pas à me concentrer, on fait une pause. Home? Ouais, pour remonter le moral, c'est une mauvaise idée, mais bon, il faut que je vois ce film et je sais pas quand viendra la prochaine pause, donc allons-y pour chialer devant les baleines et les ours blancs... Ca peut pas être pire que de rester devant un écran vide à aligner deux mots tous les quarts d'heures en se disant que l'année prochaine on regrettera d'avoir trop peu travaillé...

Ben si. Ca peut être pire... Un enchaînement d'images, un contraste entre la beauté la plus incroyable et l'horreur la plus poignante. D'abord, on vous projette dans les forces primordiales de la naissance de la vie, on s'émeut du miracle, on sent gonfler en soit une bulle d'amour pour ce monde dans lequel on existe. Puis on s'émerveille de l'histoire de l'humanité, de cet être humain qui est si proche de nous et en même temps si lointain, se dépétrant de ses faiblesses dans une nature qu'il doit dompter à la force des bras.

Puis tout s'accélère. Les poches de feu solaire changent tout. L'homme change tout. On sait tout ça, on l'a appris, lu, entendu, vu, mais on l'oublie tellement! L'homme, ce petit être faible empettré dans ses débuts d'agriculteur en symbiose avec la nature, se met à bouleverser ces forces primordiales qui nous ont tant émerveillés. Cinquante ans... en cinquante ans le monde a changé. Ce n'est plus le même. Il souffre, se tortille dans tous les sens. Tous les liens qui unissent le vivant et la matière, l'un et le multiple, le cycle de la vie, tout cela est rompu, et le système entier doit se contracter pour se reformer, tandis que l'homme continu de l'épuiser, de le vampiriser sans se rendre compte qu'il court à sa propre perte.

On s'est senti pris dans ce cosmos bien réglé, magique, puis tout à coup on ressent la douleur, la métamorphose cruelle. On se sent pascuan. On pleure devant les baleines et les ourses blancs. On a honte. Pour la Terre, la vie, l'homme lui-même. Et on a que dix ans pour changer... dix ans...

Enfin, c'est au plus bas, quand on est prêt à se dire que l'Atlantide, c'est maintenant, on apprend que le temps n'est plus au pessimisme. La conscience prise à bras le corps, secouée comme une boule à neige, on apprend que déjà, des hommes, ici, là, ou là, ont déjà commencé, on déjà appris et décidé de changer. On apprend que la solution existe, que les illusions doivent être dissoutes, les désillusions emportées avec les larmes, et que le temps maintenant est au choix, celui du changement, de la réadpatation à ce monde dont nous faisons toujours partie, qui a besoin de nous comme nous nous avons besoin de lui.

Nous avons dix ans pour changer... changeons.

Tom

Voir le film (jusqu'au 14 juin!)

vendredi 22 mai 2009

Mystères...

Il est des dieux qui se cachent plutôt bien, quand ils le veulent. La Phrygie en dissimule beaucoup. Combien de cultes à mystères se réclament de ses montagnes ? Quel poète grec n’a pas un instant rêvé à ses forêts et à ses sources ? La Phrygie d’aujourd’hui ne paraît pas si merveilleuse qu’elle ait produit tant de cultes étranges et mystérieux… Et pourtant… une bacchante célébre à grands cris la flûte phrygienne, les cymbales et le tambourin de Dionysos, qui aurait fondé là ses mystères. Tout près de la Grande Mère des dieux, la déesse de Pessinonte à la Pierre Noire, ou des sommets Didyméens, la Bérécynthienne trônant au milieu des lions… Cybèle, Angdistis, Mètèr Theôn, ses multiples noms cachent-t-ils différentes déesses, à la maternité si souvent caractéristique en Anatolie pour qu’on parle de « mères anatoliennes » ? Elles qui se cachent fréquemment derrière le visage et le nom d’une Artémis...
Cybèle, la Mère phrygienne, dont les mystères ont tôt envahis la Grèce et Rome, où on lui immolait des taureaux pour se purifier. Elle que le poète nous dit avoir initié Dionysos à ses propres mystères… Ce dieu qui en nourrit tant ! Qui prête parfois son nom, par une gênante confusion, à Zeus Sabazios, dieu de l’orage que l’on dit phrygien et dont les mystères serpentiformes ont gardé leur clé bien enfouie dans le passé.

Emilie HASPELS, Highlands of Phrygia.

Un Zeus aux airs de Dionysos, que l’on dit venir de Phrygie… mais a-t-il à voir avec ce Zeus Dionysos qui voisine le Brontôn et la Mère des dieux ? Est-il ce Zeus qui nourrit les vignes et les bœufs, ce Dionysos coiffé de lierre et de pampre que Pan réjouit de sa flûte sur quelques autels ? Lui que les dieux des morts et de la justice accompagnent, comme on accompagne un maître source de pureté ? La question reste ouverte…La réponse est-elle ces serpents qui ondulent et enserrent des arbres sur les autels ? Ces chèvres qui se repaissent de raisin ? Ces bacchants portant le thyrse ?
Voici un extrait des Bacchantes d’Euripides… ces femmes qui effrayèrent les Thébains, réfractaires à la puissance de ce dieu barbare descendu des montagnes asiates pour porter la fureur purificatrice de ses mystères sur la terre de Zeus, son père…

O bienheureux celui qui par une faveur du Destin est initié aux mystères des dieux ! il sanctifie sa vie; le thiase exalte son âme, sur les montagnes où il célèbre Bacchos, par de saintes purifications. Heureux qui célèbre les Orgies de la Grande-Mère, de Cybèle, suivant la loi divine, et, brandissant le thyrse, couronné de lierre, sert Dionysos ! Allez, Bacchantes. Allez, Bacchantes. Bromios, dieu, fils de dieu, Dionysos, emmenez-le des montagnes de Phrygie aux villes florissantes de la Grèce, Bromios...

Pour la Phrygie, Dionysos est si peu présent qu’on se demande d’où vient le rêve. Pourtant… pourtant il est là, diffus, écartelés en symboles épars. La clé des mystères est-elle en ces terres qui, malgré tout, restent bien mystérieuses ?

vendredi 15 mai 2009

Fais couler le sang de dieu...



Déverse l’ichor sur mes mains, que je lave un crime qui jamais ne fut miens…
Entrouvre les cuisses de la putain, qui entortille tes rêves de ses liens…
Egorge le taureau qui ploie la tête, comme une victime parfaite
Et sois le païen qui aime son passé comme on viole une tombe secrète.
Efface cette histoire qui te déplait, chasse ce cauchemar dans lequel tu es né.
Refoule dans les limbes clochers et mosquées qui te gênent pour avancer.
Reviens sur tes pas pour vaincre sur le cours de la Rivière Froide,
Et triomphant sur ton char d’or, marche au panthéon des mascarades.
Tu peux faire revivre les démons et héros oubliés, en sacrifiant un dieu
Et consacrer de nouveau une Rome prostituée, telle une pierre de vœu.

Tu peux aussi entrer dans un temple transformé, regarder vers le ciel
Y voir l’ombre du sacré, pur et sans nom, dénué de face et de fiel
Déchausser tes pieds chez le prophète ou pleurer sur le mur de Jérusalem
Ecouter bruire les arbres d’une forêt, être le sorcier qui ressent et aime.
Que chercher dans le passé sinon la mémoire d’une sagesse immortelle ?
Que faire des cantiques qui vibrent en ton cœur comme la voix d’une belle ?
Veux-tu être celui qui rouvre les plaies et fait saigner les dieux sur terre ?
Ou bien celui qui joue à l’enfant et bénit le jour éphémère ?
Je bois le vin comme le sang, je ne crois que ce que je ressens
Je cherche le divin dans mon âme et dans les yeux des gens.
Crois-moi le temps présent est celui que les dieux t’ont légué,
Ne le gâches pas à vouloir en faire un plus-que-parfait…

Tom