jeudi 19 novembre 2009

Intern or extern policy?

La politique étrangère britannique vue par William Gladstone, secrétaire libéral du Foreign office de sa Majesté en 1879 :

"La première chose est d'oeuvrer au renforcement de l'Empire en établissant chez nous des lois justes et une économie saine...
... que notre politique étrangère vise à maintenir la paix parmi... les nations chrétiennes du monde...
... s'efforcer de cultiver, de maintenir, oui, ... ce que l'on appelle le Concert de l'Europe. ... agir en commun est fatal aux égoïsmes. Agir en commun veut dire avoir des objectifs en commun; et les seuls objectifs autour desquels vous pouvez rassembler les Puissances européennes sont ceux qui concernent le bien de tous.
... reconnaître l'égalité des droits des nations entre elles. ... en donnant aux peuples des autres nations des raisons de ne plus avoir de respect et d'estime pour votre pays, vous lui portez en réalité un coup sévère.
... la politique étrangère de l'Angleterre devrait toujours être inspirée par l'amour de la liberté."
Discours à West Calder, 11 novembre 1879.

Quelques temps plus tôt, le radical John Bright déplorait au contraire l'importance de la politique étrangère comparée à la politique sociale, bien faible, de son pays...

" ... cette politique étrangère, cet intérêt pour "les libertés de l'Europe", ... cet amour excessif de "l'équilibre des pouvoirs" n'est ni plus ni moins qu'un vaste système d'assistance à domicile pour l'aristocratie britannique.
...
Je crois qu'il n'y a pas de grandeur permanente pour une nation si elle n'est pas fondée sur la moralité. Je me soucie peu de la grandeur des armes ou de leur réputation. Je me soucie de la condition des gens parmi lesquels je vis. ... les couronnes, les tiares, les mitres, les parades militaires, les pompes de la guerre, les nombreuses colonies, et un immense empire, pèsent selon moi encore moins que l'air et ne valent pas qu'on leur accorde de l'attention, à moins qu'ils ne s'accompagnent d'une proportion équitable de confort, de satisfaction et de bonheur dans le peuple."
Discours prononcé par John Bright le 29 octobre 1858 à l'hôtel de ville de Birmingham.

And now, compare...

jeudi 5 novembre 2009

Need green


Oui, mais pas spécialement de jambon...

... ni de métro.

jeudi 29 octobre 2009

Bienvenue à Cale-en-Bourg!

Mes chers amis... c'est fou ce que la géographie peut surprendre. Au détour d'un site que je regardais d'un oeil morne et sur lequel j'ai littéralement pillé une jolie petite quantité d'articles - dont je ne lirai probablement que la moitié - un mot m'a sauté à la figure. Il a bien failli me pulvériser la lentille de contact, secouant les liquides à l'intérieur de cet oeil morne que je citais...

..."cryptarchie"...

Bon, quand on a un peu le pied grec, on flotte assez facilement sur ce genre de néologisme, un peu facile, et la racine "crypt-" entraîne déjà quelques remous dans le bassin. Elle veut dire "caché". Avec tout le goût du secret qu'on peut avoir. Et "archie", mon cher Archimède, ça veut dire "autorité, gouvernement", 'fin comme dans "monarchie", "tétrarchie", "érarchie" (oups, non, ça c'est un néologisme à moi!)... bref, une cryptarchie kézako?

C'est, à en croire cet article, un type d'Etat, entendez par là un gouvernement plus ou moins élaboré, avec un territoire. Un territoire qui, dans le cas présent, peut se restreindre à la taille d'un fond de verre imprimé sur un meuble Louis XV ou n'être, tout simplement, que purement revendiqué, sans réel contrôle, "en sommeil", ou alors carrément virtuel (et là il ne se compte pas en km² mais en mégaoctets...)! Bref, une peau de chagrin dans un monde où, si on en croit le "droit des peuples à décider d'eux-mêmes", n'importe quel pélerin peut, théoriquement, décréter qu'il se constitue en Etat autonome et revendiquer son patrimoine foncier, sa terre, son lopin, comme territoire... Le loup solitaire quittant la meute qui se ferait un pays.

N'est-ce pas prodigieux? On n'y aurait pas pensé... Bon si on exclut quelques gugus de la communauté païenne qui, j'les vois bien venir avec leurs identitarismes et leurs révolutionarismes (c'est pas un néologisme ça?), s'ils y pensent, auront bien envie de se retirer dans leurs sanctuaires-Etats... et si on exclut les sorciers dont, c'est bien connu, le monde est organisé depuis le Code international du secret magique de 1687 (secret, crypto...) en Confédération, entre à mon avis bien dans la catégorie "crytarchie"... Moi j'suis tenté de faire comme les autres, là, dans l'article, me prendre un bout d'îlot perdu dans l'océan Atlantique, avec quelques sujets qui voudraient bien me reconnaître comme leur patriarche, et j'lèverais mes propres impôts, avec ma propre monnaie (qu'aurait un bouquetin, la monnaie), mon drapeau taillé dans de la toile de jupe, et j'construirais mon village, Cale-en-Bourg qu'il s'appellerait dans le patoi devenu langue nationale, et on chanterait l'hymne "Wythies'brew" en buvant de l'hydromel local (premier produit d'exportation), le jour de la fête nationale du 31 octobre, et peut-être, si ils sont sages, j'me présenterais aux élections de la présidence du Conseil européen... ou de l'ONU... j'sais pas 'core, faut que j'vois ça avec mes ministres.

Ou alors, j'déclare officiellement le Grimoire territoire de la tribu Telebinu... mais c'est moins pratique pour faire vieillir l'hydromel.

(Attendez, on frappe à ma porte...

............

C'était l'Unef.)

Bon où que j'en suis moi? ah ouais, la cryptarchie.

"... la création d'un Etat peut être vue comme une forme moderne de l'ubris, provocation suprême de l'individu..." : arrêt sur image.
L'Hubris (avec un "h", bordel, quand on fait des néologismes, on garde son grec froid!) dans la Grèce ancienne où j'ai un peu vécu (sisi), c'était un truc énooorme, une attitude que la mythologie et les tragédies athéniennes ont bien retourné sous tous les sens. Il s'agit de démesure, mais de grave démesure, du genre le pauvre mortel qui se prend pour un dieu. La grosse tête quoi. Mais je trouve que cette phrase est intéressante. Avoir un territoire, c'est-à-dire un morceau découpé sur cette terre d'après les seuls critères d'un esprit humain alliant propriété et esprit de meute (ou de troupeau), n'est-ce pas un peu s'attribuer arbitrairement ce qui, au départ, est propriété des dieux, à savoir le monde? est-ce que l'identité d'un homme a nécessairement besoin d'un territoire pour exister, ou peut-elle se contenter de l'abstrait? Les liens entre le monde physique et la représentation que l'on en fait, très intéressants du point de vue des rapports avec une divinité immanante, rejoignent un peu cette notion de territoire... Quand à l'Etat... Tout de suite les grands mots!

Houlà! mais c'est que j'm'intéresserais vraiment à la géo moi maintenant...